Cas vécus       

 

 

Isabelle Leblanc

 

« ... mais veux-tu bien m'dire ce que je fais ici...? Qu'est-ce qui m'a pris, misère... » Voilà à quoi je pensais en marchant. La route est dure, le terrain terriblement accidenté. Des roches, des ravins, des racines, des marches en pierres (beaucoup trop grandes pour les Népalais, qui sont petits... je me demande à chaque pas qui a bien pu construire ça… Ha! Ha!). Mes pensées s'égarent entre ma famille, mes amis et tous ceux qui m'ont encouragée dans ce projet de fou.

Je vous fais un court résumé pour vous expliquer comment tout ça a commencé... J'ai reçu un diagnostic de SP en avril 2004. À cette époque, je travaille comme soudeuse. J'adore ce métier, mais depuis quelque temps je suis hyper fatiguée... J'ai des engourdissements, des genoux jusqu'à la poitrine. Cela me rend nerveuse, mais ça ne m'empêche pas de travailler. À un certain moment, la « batterie » finit par se vider. On me donne un congé de maladie à la suite d’un diagnostic de mononucléose. Cependant, après plusieurs examens, on me découvre plutôt une sclérose en plaques de type poussées-rémissions.

 

 

Mon monde s'écroule littéralement. Je ne connais rien de cette maladie. Je capote! Je n'ai que 28 ans : ma vie commence tout juste. On m'arrête de travailler, car la chaleur dégagée dans l’atelier de soudure augmente mes symptômes. Étant de nature positive, je décide de ne pas baisser les bras et de faire un retour aux études. J'opte pour un DEP en ébénisterie. Je ne regretterai jamais mon choix.

Cela fait un peu plus de 10 ans que j'ai la SP. J'ai des hauts et des bas comme tout le monde, mais je me suis toujours arrangée pour regarder vers l'avant lors des passes difficiles. Mon truc à moi? Voir les belles choses de la vie, rester positif quoi qu'il arrive, s'entourer de bons amis et surtout avoir un objectif, un but. Cela nous garde en vie.

Le défi Camp de base de l’Everest auquel j'ai participé a duré 23 jours au total, dont 15 consécutifs pour me rendre au camp de base, pour 2504 m de dénivelé. Un des aspects difficiles de ce périple est l'adaptation physique aux conditions de cet endroit (moins d'oxygène, mal des hauteurs, etc.). Même si cela a été très demandant, je suis très fière d'y avoir participé; avoir réussi est la « cerise sur le sundæ ». C'est le voyage d'une vie!

Je ne sais pas quand sera mon prochain défi. Je me laisse au moins deux ans pour y penser et pour amasser d'autres fonds pour la cause. Finalement, notre groupe de douze personnes (dont trois avaient la SP) a permis d'amasser près de 150 000 $ pour financer la recherche sur cette maladie, par l'entremise de la Société canadienne de la sclérose en plaques. Ce n'est pas rien, hein?!

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