Cas vécus        

 

Denis Lafrance

À la conquête du Kilimandjaro

Denis participera au Défi Kilimandjaro SP en janvier 2011. Ce sera un grand défi personnel puisqu’il est lui-même atteint de sclérose en plaques. Il a été diagnostiqué en novembre 2008.

Quels sont tes principaux symptômes?

Depuis que je suis sous médication, j’ai moins de symptômes. Il ne reste que ma jambe droite qui se dérobe sous moi quand je suis un peu fatigué et une perte de mémoire à court terme. Ces pertes de mémoire sont ce qui me fait le plus souffrir.

Dans quel domaine travailles-tu?

Je travaille comme gérant de service dans un garage de motos, VTT et motoneiges. Avant ma maladie, je pouvais gérer la boutique avec pour seul outil ma mémoire. Depuis, on a dû développer une technique et une structure qui me permettent de garder un suivi de mes dossiers en cours.

Pourquoi as-tu décidé de participer au Défi Kilimandjaro SP?

Après avoir été diagnostiqué et ayant conservé pas mal mon autonomie, je me disais qu’il faudrait que je m’implique dans la cause de la SP, soit en faisant du bénévolat ou d’une autre façon. J’ai lu dans la revue SP Québec l’annonce de ce projet. J’ai lu ça le samedi. Le lundi, je parlais avec la responsable du Défi et le mardi midi, tout était réglé, j’étais inscrit!
Est-ce un rêve pour toi d’aller au Kilimandjaro?

Il y a longtemps que je rêve d’accomplir des exploits. Il y a quelques années, j’avais grimpé le mont Washington et le goût de la montagne m’avait alors envahi. En octobre 2008, j’ai été victime d’un infarctus. Durant ma convalescence, j’ai regardé à la télé le journaliste Charles Tisseyre qui grimpait le mont Méra, dans la région de l’Everest. Je suis devenu un peu amer, j’aurais tellement aimé être avec lui. Et plus ça allait, plus le rêve des montagnes grandissait.

Étais-tu un « grand sportif » avant de te lancer dans ce projet?

À 16 ou 17 ans, j’étais un skieur de fond. J’ai même été réserviste de l’équipe du Québec. Mais depuis l’âge de 20 ans, j’étais devenu hyper sédentaire et je ne faisais plus rien... à part fumer comme une cheminée.

De quelle façon te prépares-tu physiquement pour le Kilimandjaro?

Au début, je me suis dit qu’il m’était impossible de faire l’ascension de cette montagne. Mon poids était de 235 livres. Je souffrais de diabète, de cholestérol, d’hypertension et d’une angine de poitrine. Au début, je réussissais à faire deux séances de cardio de 15 minutes par semaine. Maintenant, je fais deux fois du cardio en salle pendant une heure et demie, deux soirs de musculation et une journée de fin de semaine, une randonnée en montagne. Je ne fais plus de diabète, je ne fais plus de cholestérol, je n’ai plus d’angine et j’ai perdu plus de 50 livres. Et je ne fume plus depuis octobre 2008!

As-tu des craintes par rapport à ce défi?

Oui, j’ai la crainte de ne pas réussir mon ascension ou de faire une poussée avant de partir. Il y a aussi le manque d’air qui me fait un peu peur. À part ça, je me sens en confiance.

Qu’est-ce que tu trouves difficile dans toute la préparation?

Le plus dur, c’est de rester constant dans l’entraînement. Il y a plein de raisons qui peuvent me faire sortir de la route que je me suis tracée, mais ma plus grande motivation est que je veux prouver à tout le monde, et surtout à moi-même, que même si je suis atteint de cette maladie, je suis encore capable de me tenir debout et d’accomplir de grandes choses. Je vais atteindre le sommet, et ensemble, nous trouverons le moyen d’arrêter cette maladie.

Que pense ton entourage du fait que tu te lances dans cette aventure?

Je suis le plus chanceux des participants. J’ai six frères et sœurs et ils se donnent la main pour m’aider, pour m’encourager et pour me supporter. Un de mes frères m’accompagne dans mes entraînements. Mes enfants croient en moi. La vie est belle et elle mérite d’être vécue à fond. Pas besoin de grimper des montagnes : il suffit de réaliser que l’on est capable si on le désire.

 

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