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Entrevue avec Natacha Foidart, ergothérapeute

Natacha est ergothérapeute depuis 4 ans et demi au Centre de réadaptation Constance-Lethbridge à Montréal. Elle nous explique son travail et son implication auprès des personnes touchées par la SP.

Pourquoi as-tu choisi d’être ergothérapeute?

Je voulais travailler dans le domaine de la santé et j’ai choisi l’ergothérapie en raison des valeurs de la profession. En effet, l’ergothérapie est une approche centrée sur les besoins de la personne et elle se préoccupe de toutes les facettes qui forment cette personne, soit les côtés physique, cognitif et psychologique. De plus, l’ergothérapeute accompagne les gens dans leur vie quotidienne pour bien évaluer leurs difficultés et pour les aider à devenir plus autonomes. Il est donc plus facile de trouver des solutions à leurs problèmes et d’améliorer leur qualité de vie. C’est merveilleux de savoir qu’on a eu un effet réel et concret dans la vie d’une personne.

Qu’est-ce que tu aimes dans ton travail? Qu’est-ce qui te motive?

Premièrement, j’aime aider les gens et savoir que j’ai participé à l’amélioration de leur qualité de vie. J’aime aussi le fait que mon travail est à mi-chemin entre un détective et un inventeur. En effet, je dois découvrir les atteintes physiques ou cognitives qui empêchent la personne de bien performer dans ses activités. Ensuite, je dois trouver une manière d’améliorer ses habiletés ou une autre façon de faire l’activité afin que la personne ait moins de difficultés. Parfois, il faut même inventer et construire de nouvelles aides techniques qui n’existent pas sur le marché. Chaque problème est différent et les solutions à trouver le sont aussi. Ainsi, il y a toujours de nouveaux défis et j’aime me creuser les méninges pour trouver des solutions spécifiques aux problèmes de mes clients. Ce qui me motive le plus, c’est de les voir redevenir actifs dans leur vie, même s’ils doivent parfois adapter leurs activités.

Y a-t-il des choses que tu trouves difficiles?

Malheureusement, je vois plusieurs histoires très tristes. Je trouve particulièrement difficile de voir des personnes de mon âge qui sont sévèrement atteintes par la maladie. J’apprends beaucoup de leur force et de leur courage.

Quand les personnes ayant la SP devraient-elles consulter un ergothérapeute?

Dès que les atteintes dues à la SP rendent leurs activités difficiles. Il ne faut pas attendre trop longtemps car les ergothérapeutes ont souvent des trucs très simples qui rendent la vie beaucoup plus facile.

De quelle façon t’impliques-tu avec la Société de la SP?

Je m’implique à plusieurs niveaux : je participe à deux comités afin de donner mon avis et mon expertise d’ergothérapeute. Je fais aussi partie de la levée de fonds « Défi Kilimandjaro SP 2011 ».

Pourquoi as-tu choisi de t’inscrire au Défi Kilimandjaro SP?

Premièrement, c’est un de mes rêves de grimper le Kilimandjaro et de faire un safari en Afrique. Alors j’ai sauté sur l’opportunité. Deuxièmement, je suis heureuse de faire une levée de fonds pour la Société de la SP, car je sais que l’argent amassé servira à une cause qui me tient à cœur. Je suis quotidiennement témoin des bienfaits des services offerts par la Société aux membres.

As-tu des craintes par rapport à cette grande aventure?

Oh que oui! J’y mets beaucoup d’efforts pour faire la levée de fonds et pour la préparation. Je serais donc très triste si je n’arrivais pas à grimper jusqu’au bout en raison du mal de l’altitude, contre lequel on ne peut rien faire.

Qu’est-ce qui t’a motivée à t’impliquer en plus de ton travail?

Mon implication fait aussi partie de mon travail. En effet, la Société de la SP fait partie des éléments aidant nos clients à mieux vivre avec la maladie. Nous faisons tous partie de la même équipe dans la lutte pour stopper la SP et pour apprendre à mieux vivre avec. J’apprends beaucoup par mon implication et je peux ensuite en faire bénéficier mon équipe de réadaptation et mes clients.

Connais-tu personnellement des gens atteints de SP?

Je n’ai pas d’amis ou de famille ayant la SP. Cependant, près de la moitié des personnes que je traite ont la sclérose en plaques. De plus, j’ai rencontré plusieurs personnes atteintes de SP par mon implication et j’ai beaucoup d’admiration pour elles.

D’après toi, comment un jeune peut-il aider et soutenir son parent qui a la SP?

Tous les parents (ayant la SP ou non) ont beaucoup de responsabilités. Si le jeune aide son parent en participant aux tâches ménagères ou en mettant la table sans se le faire demander, le parent appréciera le geste. Cependant, il est important que le jeune ait aussi sa vie de jeune. L’important est que toute la famille soit heureuse, alors chacun doit garder son rôle : le parent doit demeurer le parent, et le jeune doit s’épanouir dans sa vie de jeune.

 

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