Cas vécus        

 

Entrevue avec Martin Laperle, employé à la SCSP

 

  Martin Laperle est coordonnateur adjoint aux services et à l’action sociale à la section Montréal de la Société canadienne de la sclérose en plaques, où il travaille à temps partiel (2 jours par semaine), depuis septembre 2005.

Martin a reçu son diagnostic de SP en 2004 et il en est affecté notamment au niveau de la vision. Nous l’avons rencontré pour qu’il t’explique comment il compose avec ce handicap.

 

Peux-tu nous expliquer quel est ton handicap visuel?
De mon œil droit, je n’ai plus de vision centrale et ma vision périphérique est très restreinte. De mon œil gauche, ma vision centrale droite est de 3/10, mais elle est nulle à gauche et ma vision périphérique est plus ou moins correcte.

As-tu reçu de l’aide pour faire face à ce handicap?
Absolument. Ma neuro-ophtalmologiste m’a mis en contact avec l’Institut Nazareth et Louis- Braille. J’ai eu une aide incroyable de leur part pour toutes sortes d’aspects : pour me déplacer, m’organiser et apprendre à placer mes choses toujours au même endroit pour les retrouver facilement. Pour le travail, j’ai appris à travailler avec des systèmes de grossissement.

Comment as-tu réussi à t’adapter à ce changement dans ta vie?
C’est sûr qu’au début, j’ai trouvé ça très difficile et déstabilisant. La rencontre à l’Institut d’un intervenant qui a une cécité totale m’a beaucoup aidé et permis de comprendre que la vie peut être vécue de façon différente. Cela m’a donné beaucoup de sérénité et de courage. Je me suis dit : « Je continue et je suis convaincu que le meilleur reste à venir. »

As-tu l’impression que tes autres sens se sont développés?
Tout à fait. Mon ouïe est beaucoup plus développée que par le passé. C’est à mes oreilles que je fais le plus confiance présentement. Lors de mes déplacements, j’entends très bien tous les petits sons, les petites subtilités.

Qu’est-ce que tu trouves le plus difficile dans tes déplacements au quotidien?
Les vélos sur le trottoir! C’est vraiment dangereux car on ne les entend pas arriver avec les autres bruits de la ville. D’ailleurs, je me suis déjà fait accrocher par un vélo. L’autre chose que je trouve difficile c’est les voitures qui ne respectent pas les feux de signalisation pour les piétons.


Si on veut t’aider à traverser une rue, qu’est-ce qu’on peut faire?
C’est assez simple. Les gens peuvent d’abord me demander si j’ai besoin d’aide, puis m’offrir de tenir leur bras et ensuite m’indiquer au fur et à mesure s’il y a des obstacles quand je traverse. Sinon, comme je ne peux pas voir la lumière de l’autre côté de la rue, je regarde le poteau qui est de mon côté. Je ne vois pas bien la couleur mais je suis capable de distinguer si c’est une main ou le petit bonhomme vert.

Qu’est-ce qui t’a amené à travailler pour la Société de la SP?
Par l’intermédiaire de l’Institut, j’ai suivi un cours au SDEM, une école spécialisée pour les personnes ayant un handicap, ce qui m’a permis d’apprendre à travailler avec mes nouveaux équipements. Dans ce cadre-là, j’avais un stage à faire et j’ai décidé de tenter ma chance avec la Société de la SP. Je voulais me rapprocher des gens qui ont la SP, les aider et aussi travailler avec une équipe. J’ai passé des entrevues et j’ai obtenu mon stage. À la fin de mon stage, on m’a offert un poste à temps partiel. J’ai été très bien accueilli; je travaille avec une équipe formidable.

En quoi consiste ton travail?
Je participe à différentes activités qui sont organisées pour les personnes qui ont la SP : dîners-rencontres, cafés « bonne humeur », party d’Halloween, de Noël, cabane à sucre, etc. J’échange avec les gens, je parle de mon expérience, je les écoute. Je travaille aussi sur le dossier « Qualité de vie et logement » pour améliorer les conditions des personnes qui ont la SP. J’ai des contacts avec des députés et des ministres pour les sensibiliser à l’importance d’améliorer la qualité de vie des personnes avec la SP.

Qu’est-ce qui te motive dans ce que tu fais?
C’est très énergisant et valorisant. C’est aussi donnant, donnant : je donne mais je reçois beaucoup aussi. Les mots me manquent pour dire à quel point je suis fier de ce que je fais aujourd’hui.

Comment perçois-tu la vie maintenant?
Je vis au jour le jour. Hier est passé et demain ne m’appartient pas. Quand je me lève le matin, je me dis : « Qu’est-ce que je peux faire aujourd’hui pour passer une belle journée? » Je profite de chaque instant au maximum.

Pour voir les aides visuelles qu'utilise Martin au quotidien, clique ici.

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