Cas vécus        

 

Poème
Le monde

 

Dans les yeux, je vois toute l’émotion cachée,
Tout ce qui est ressenti et bien enfermé,
La peur, la peine, la naïveté,
La souffrance, la douleur ou la gaieté.

Je peux y décrypter tous les messages possibles,
Tout ce qui est, à l’oreille humaine, inaudible,
Suffit simplement de se concentrer,
Et de laisser ses émotions émerger,
Pour y ressentir ce qu’il y a de plus fort.


En un seul regard, je comprends les gens,
Toute cette douleur je la ressens,
Comme si j’étais connecté à tous les cerveaux,
Et que je revivais leurs malheurs à nouveau,
Suffit simplement de regarder et d’écouter,
Pour, jour après jour, aider l’humanité.
Je guéris petit à petit toutes les blessures,
Je fais oublier toutes les mésaventures,
Pour pouvoir créer l’inimaginable sur cette terre.


Mais malgré tous les petits miracles que je fais,
La solitude me ronge, je le sais.
Je meurs lentement, à petit feu,
Et bientôt, plus personne ne s’occupera d’eux,
Car je n’ai jamais de repos,
Jamais personne pour visiter mon cerveau.
Alors, j’attends simplement le prochain,
Celui qui me remplacera peut-être demain,
Mais je sais, au fond de moi,
Que je pourrais attendre encore longtemps.


Michel Gignac,
17 ans, Abitibi

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