Cas vécus        

 

Accepter le fauteuil roulant

Bonjour tout le monde,

Je m'appelle Camille Cournoyer et j'ai 14 ans. Mon père est atteint de sclérose en plaques depuis une quinzaine d'années.


Mon père avait toujours renié le fauteuil roulant. Il croyait que c'était comme se mettre une étiquette dans le front qui crierait à ceux qui le voient qu'il est malade. Je le sais parce que je lui ai parlé du fauteuil roulant plusieurs fois, lui mentionnant à quel point ce serait super d'avoir la simple occasion d'aller se promener une heure ou deux au lieu de dix minutes. Malgré les arguments que je lui sortais, il restait buté sur son idée : non, il ne s'affichera pas avec une étiquette dans le front. Il disait que les autres le trouveraient étrange si, au bout d'un moment, il se levait et marchait quelques pas. Ils penseraient qu'il n'en a pas besoin et tout et tout. En écrivant ces mots, je me rends compte d'une chose bien précise dont je ne m'étais jamais doutée. Mon père, l'homme le plus courageux à mes yeux, lui, a peur du regard des autres. Voilà de qui je tiens cela! Et pourtant, s'il savait! Les autres n'ont pas à juger quelqu'un qu'ils ne connaissent pas. Ces autres-là n'ont pas le droit de juger une personne dont ils ne connaissent pas du tout l’histoire. Mais ils le feront quand même, dans leurs pensées, par ignorance. Pourtant, ils seront si peu! Mon père ne devrait pas s'empêcher de se procurer un fauteuil roulant pour cette raison, car elle n'est pas bonne... même si je peux le comprendre un peu.

Plusieurs mois plus tard, le 9 septembre, il a déclaré, comme ça : « Je crois que je vais m'acheter un fauteuil roulant ». Je lui ai demandé de répéter. Il ne voulait pas « que je m'énerve ». Son combat contre lui-même n'était donc pas terminé, mais je savais qu'il s'approchait du but. Quand cette aide rentrera à la maison, elle ne servira pas tout de suite. Il ne va pas sauter dessus comme un enfant qui veut déballer un cadeau à Noël. Il le mettra dans l'auto et le sortira quand il sera fatigué. Je n'aurai pas honte de me tenir avec mon père, même s'il aura l'air un peu plus vieux... Je pousserai son fauteuil quand il le faudra, même si je n'en ai pas envie, car je suis fière de lui.

Le fauteuil ne sera jamais un signe de lâcheté. Ce sera une victoire!

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