Cas vécus        

 

J'ai vaincu le Kilimandjaro!

 

C’est avec une fierté immense que le six janvier dernier, je me suis envolé avec mon groupe pour la Tanzanie. Étant atteint de SP, ce défi était de taille pour moi. Dès le premier matin, nous sommes partis à la conquête du mont Méru. Cette conquête fut plutôt pour moi une sorte d’échec. Dès le départ, j’ai commencé à souffrir d’une infection avec une très forte diarrhée qui a drainé toutes mes forces. J’ai été transporté en camion au premier refuge à 2 500 mètres. Le lendemain, j’ai essayé de me rendre à pied à 3 500 mètres mais n’étant plus capable de continuer, j’ai terminé la journée sur une civière. Nous avons décidé que je n’allais pas poursuivre l’ascension du Méru mais que j’allais me reposer durant vingt-quatre heures et voir comment j’allais me porter le lendemain. Tous mes amis sont partis cette nuit-là pour atteindre le sommet et moi, je suis demeuré au camp. J’ai alors eu très peur que ce soit la fin de mon aventure. Mais le lendemain, j’ai commencé à reprendre des forces et à la fin du jour quatre, j’étais plus en forme que la plupart des autres participants. J’étais prêt à gravir le plus haut sommet d’Afrique.


Évidemment, me donner mes injections dans un contexte de montagne, représentait un défi en soi. Nous avons monté et monté dans des paysages à couper le souffle. Parlant de souffle, il a été souvent très dur à reprendre à cause du manque d’oxygène et de la basse pression atmosphérique. Après cinq jours de marche, rendus au Crater Camp à 5 700 mètres d’altitude et ayant traversé une tempête, nous avons été confrontés à la maladie.


L’un de nos guides a présenté des symptômes d’œdème cérébral. Un autre membre de l’équipe a souffert d’hypothermie. Notre guide a été évacué, et avec des soins appropriés, l’autre personne a été réchauffée. Pour les derniers 200 mètres de dénivelé, il ne restait plus que onze participants sur les vingt et un du départ. Certains étaient trop malades et d’autres avaient peur de l’être.

Mon ami, l’explorateur québécois Bernard Voyer, a résumé mon aventure de cette façon : rêver, se lever, agir. Alors que j’étais très malade il y a deux ans, j’ai rêvé des plus hauts sommets. Je me suis alors levé et j’ai décidé de m’entraîner pour atteindre le sommet. Le 17 janvier, j’ai agi en atteignant le sommet.

Et tels des olympiens, nous nous sommes tenus debout au sommet de l’Afrique, fiers d’avoir, pour un instant, porté la flamme de la sclérose en plaques au sommet du Kilimandjaro.

Denis Lafrance

 

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