Cas vécus        

 

Tout était si beau

Un si beau jour de printemps qui tourna si vite au cauchemar. Vous souvenez-vous de comment vous réagissez lorsqu’on vous annonce une mauvaise nouvelle? Moi, je m’en souviendrai toujours en regardant ma mère.

C’était une belle journée, je ne m’étais pas chicanée avec ma mère, ni avec ma sœur. J’étais devant la télé, je la regardais, je crois. Ma sœur était à l’ordi, c’était à son tour; je crois qu’elle faisait son blogue. J’attendais mon tour. Puis, de la cuisine, ma mère nous a appelées, elle voulait nous parler.

Lorsqu’elle nous a dit ce qu’elle avait, un gros nuage rempli d’électricité a tout bouché à l’intérieur de moi-même. C’était comme si on m’arrachait mon sourire et qu’on le mettait dans un coffre-fort. Je n’allais plus jamais avoir le goût de sourire, plus jamais. On m’avait volé mon sourire.

Ma mère avait été malade auparavant, mais jamais aussi souvent. C’est si difficile de perdre une mère. Moi je ne l’ai perdue que pendant une semaine, mais ce fut la semaine la plus pénible de ma vie. C’était à cause de ÇA. Ça devait être là, à l’hôpital, qu’elle l’avait su. Pourquoi était-elle si fatiguée? Cette chose, cette maladie, c’est la sclérose en plaques. C’est incurable. Elle sera toujours comme ça, toujours. Ma famille et moi gardons toujours espoir qu’un neurologue, un génie, que n’importe qui trouve un remède.
J’ai décidé de participer au concours pour le Camp SP pour en apprendre plus sur la maladie. Et, hourra! Moi et ma sœur jumelle avons gagné. Au Camp SP, j’ai fait la rencontre d’amies, ma famille, qui elles sont dans les mêmes situations que moi. Mais encore mieux, j’ai fait la connaissance de Martin, qui lui, vit avec la SP depuis environ 10 ans. Cet homme m’a redonné confiance. Il m’a redonné le goût de vivre. Martin est si pétillant, il mord dans la vie. Il a une vue partielle, il a donc besoin de grosses lunettes, mais on s’en fiche tellement, quand on le regarde, on oublie qu’il est malade. Martin était mannequin avant, alors pas besoin de vous dire qu’il est assez beau bonhomme.

J’ai adoré ce camp, même si parfois la nourriture laissait à désirer. Heureusement que Carole était là pour nous ravitailler. J’ai adoré faire de l’équitation, et j’aurais beaucoup aimé faire du camping et aller à la base nautique, mais la température ne le permettait pas.

J’ai eu la chance, grâce à mes grands-parents, d’aller au congrès Espoir Famille. J’ai rencontré plein d’autres personnes et j’ai revu mes amies du camp qui restent loin, loin de chez moi.

Pour finir, grâce à plusieurs personnes sur cette planète Terre, j’ai de nouveau le goût de mordre dans la vie.

Isabelle, 13 ans, Saint-Hubert


 

 

© Société canadienne de la sclérose en plaques (Division du Québec) 2008

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