Tout sur la SP        

 

De la recherche au nouveau médicament

Présentement, pas moins de douze médicaments sont offerts sur le marché pour traiter la SP. Douze médicaments qui visent à stopper l’évolution de cette maladie. Bientôt, d’autres médicaments seront mis au point pour les personnes atteintes de SP. Toutefois, sais-tu par quelles phases passe un médicament pour arriver à la pharmacie?

La sclérose en plaques est une maladie complexe sur laquelle de nombreux chercheurs du monde entier se penchent sans relâche. Ces scientifiques souhaitent trouver la cause de cette maladie et finalement un remède contre celle-ci pour la stopper définitivement. En voyant les phases qui précèdent l’arrivée sur le marché d’un nouveau médicament, tu comprendras pourquoi cela peut paraître si long pour les gens qui attendent.

Prenons la route ensemble et empruntons le chemin d’un nouveau médicament. Au tout début d’un projet de recherche naît une hypothèse. En science, une hypothèse est une affirmation que l’on met en doute. Avec la recherche, on souhaite confirmer ou, au contraire, infirmer notre hypothèse. Par exemple, dans le cadre d’un projet de recherche sur le médicament X, notre hypothèse sera que le médicament ralentit la progression de la SP. Cette hypothèse deviendra la question à laquelle l’équipe scientifique souhaitera répondre grâce à ses travaux.
Pour accumuler des données, les chercheurs peuvent, par exemple, commencer leurs travaux en laboratoire, avec des souris. Dans ces cas-là, souvent, l’équipe déclenchera une maladie semblable à la SP chez les souris pour ensuite administrer à ces dernières le médicament à l’étude afin d’en examiner les effets. Une telle façon de procéder peut te sembler cruelle pour ces petits rongeurs, mais il faut savoir que sans elles, bien des médicaments utilisés dans le traitement de la SP ne seraient pas sur le marché. Ces souris sont de véritables héroïnes!

Ainsi, ce type d'étude permet d’effectuer une première évaluation des bienfaits possibles d'un médicament, de son innocuité (caractère sécuritaire du produit) et de ses risques. Si les résultats sont prometteurs, l'étude sera approfondie, et elle pourrait aboutir à la mise en place de la prochaine étape, soit celle des essais cliniques.


Donc, si les premiers résultats sont concluants, il faut encore traverser quatre phases (d’une durée d’environ trois ans chacune, sauf pour la phase 4, qui varie selon le médicament):

Phase 1. On teste le médicament sur un petit nombre de volontaires qui n’ont pas la SP. Il faut déterminer la dose qu’on peut donner sans danger pour la santé. Les chercheurs prennent aussi en note les effets secondaires.

Phase 2. À cette étape, il y a un peu plus de participants que dans la phase 1, et ceux-ci ont la SP. On veut s’assurer que le médicament n’est pas dangereux et qu’il n’y a pas d’effets secondaires importants. Pour les phases 2 et 3, les participants sont divisés dans des groupes, généralement de façon aléatoire (c’est-à-dire au hasard), et ils prennent soit le médicament à l’étude, soit un autre médicament ou un placebo (faux médicament). Ni les chercheurs ni les participants ne savent ce que les participants prennent. C’est de cette façon qu’on peut faire une vraie comparaison entre les groupes.

Phase 3. L’étude se poursuit dans plusieurs centres de recherche et avec un nombre beaucoup plus grand de participants. On veut valider les résultats des deux premières phases : est-ce bien vrai qu’il s’agit d’un médicament efficace contre la SP et que celui-ci est sans danger? Si la réponse est positive, il reste encore une étape avant que le médicament soit offert sur le marché. Il s’agit de l’homologation et de la commercialisation du médicament. La compagnie pharmaceutique qui fabrique le nouveau produit doit convaincre Santé Canada de l’ajouter à sa liste de médicaments. Par la suite, elle doit aussi convaincre les organismes provinciaux de la santé (pour le Québec, c’est la Régie de l’assurance maladie du Québec) de rembourser le médicament aux personnes qui ont la SP.

Phase 4. Le médicament à l’étude est arrivé au bout de sa route et est maintenant prescrit par les neurologues et les médecins. Les personnes atteintes de SP peuvent donc se le procurer en pharmacie. Cependant, une fois le médicament approuvé par Santé Canada, une phase 4 est souvent prévue. Cette phase dite de pharmacovigilance (période de surveillance pendant le traitement) permet aux professionnels de la santé et au fabricant de recueillir de l’information sur les risques, les bienfaits, les effets secondaires et l'administration optimale du médicament. Toutes ces données sont extrêmement importantes pour valider un médicament et permettre aux médecins d’offrir le bon médicament au bon patient.

Comme tu vois, la route est longue de l’hypothèse du chercheur dans son laboratoire jusqu’à la personne atteinte de SP qui vient de récupérer son médicament chez son pharmacien. Toutes ces étapes et tous les acteurs (même les petites souris) sont très importants dans ce processus.

Dans les prochaines années, plusieurs nouveaux médicaments seront sur le marché. Tu sauras désormais tout le chemin qu’ils auront dû parcourir pour se rendre jusqu’aux personnes atteintes de SP!

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