Histoire de la SP       

 

Histoire de la SP, 2e partie

L’histoire de la médecine nous révèle que c’est rarement une seule personne qui est à l’origine d’une découverte. Ce sont souvent des informations amenées par des personnes différentes qui rendent une découverte possible.

L’époque et le contexte de la société ont aussi grandement aidé à l’avancement du travail du Dr Jean-Martin Charcot. La Révolution française (1789) amena un changement complet de l’enseignement de la médecine en transportant les professeurs de l’école à l’hôpital, et en empêchant l’Église d’y jouer un rôle. On enseignait donc la médecine au chevet du patient, avec les méthodes d’observation du moment.

C’est ainsi qu’en 1824, un certain Charles Prosper Ollivier D’Angers publia un livre s’intitulant Maladies de la moelle épinière, dans lequel on retrouve, pour la première fois dans l’histoire médicale, un cas de SP.

Dans cet ouvrage, il est question de plusieurs maladies de la moelle épinière et on y présente un jeune homme de 20 ans qui présentait des faiblesses dans le pied droit et qui éprouvait des sensations de fatigue depuis l’âge de 17 ans. Ollivier conclut que cette maladie était causée par une infection.

Robert Carswell, quant à lui, fut le premier à illustrer les dommages causés sur la moelle épinière.
Quelques années plus tard, Jean Cruveilhier sera le premier à démontrer le lien entre ces lésions et certains symptômes.

Le Dr Edmé Félix Alfred Vulpian fut le premier à utiliser le terme sclérose en plaques disséminée, en 1866, lors de la présentation de trois cas devant la Société médicale des hôpitaux de Paris. Il fit cet exposé en compagnie de son collaborateur et ami, le Dr Jean-Martin Charcot.

Des trois cas présentés en 1866, celui de Madame V. (Joséphine Vauthier) fut repris par Charcot dans ses leçons de 1868, année où l’on considère avoir découvert la sclérose en plaques. Car c’est bien à Jean-Martin Charcot que revient le mérite d’avoir différencié la sclérose en plaques des autres maladies semblables.

Voici comment débute la sixième leçon de l’ouvrage Leçons sur les maladies du système nerveux faites à la Salpêtrière, rédigé par l’un de ses étudiants :

« Chemin faisant, j’ai relevé quelques-uns des caractères qui permettent de distinguer aujourd’hui cette maladie d’une autre affection jusqu’alors confondue avec elle, la sclérose en plaques disséminée. »

Les deux leçons suivantes porteront aussi sur la sclérose en plaques et Charcot y discutera des symptômes, des « périodes » (stades) de la maladie, de la relation lésion-symptôme, de l’influence du sexe, de l’âge et aussi de l’hérédité. Il traitera même des causes possibles, du pronostic (comment la maladie évolue) et des traitements, même s’il reconnaissait que les connaissances sur la maladie étaient insuffisantes, comme l’indique ce passage à la fin de la huitième leçon :

« On peut espérer que, lorsque la maladie sera mieux connue, le médecin apprendra à tirer parti de ces tendances spontanées aux rémissions qui se trouvent signalées dans un bon nombre de cas. Irai-je, après ce qui précède, vous entretenir longuement de thérapeutique? Le temps n’est pas venu encore où cette question pourra être abordée sérieusement... »

Il est intéressant de noter que les traitements offerts aujourd’hui (140 ans plus tard!) pour modifier l’évolution de la maladie fonctionnent comme le Dr Charcot l’avait prédit : en réduisant la fréquence et l’intensité des poussées, on maximise les possibilités de récupération (ou rémission).

Le Dr Charcot fut un observateur hors du commun, doublé de qualités artistiques impressionnantes, et il est considéré comme le père de la neurologie. Il devint professeur de médecine en 1860 et s’intéressa plus particulièrement aux affections neurologiques avec son collègue Vulpian.

L’Hôpital La Salpêtrière, qui regroupait plus de 5 000 malades à l’époque, lui offrit un environnement idéal pour ses minutieuses observations. Sa description de la sclérose en plaques demeurera pratiquement inchangée pendant plus d’un demi-siècle! La triade de Charcot, caractérisée par trois symptômes : langage lent et hésitant, tremblements, nystagmus (mouvement involontaire des yeux), demeura un outil de diagnostic utilisé longtemps après sa mort et les premiers médecins qui ont identifié la maladie par la suite s’y référaient constamment.

Ce fut notamment le cas du Canadien William Olser, qui fut le premier à exposer à ses collègues canadiens des cas de SP.

 

À suivre dans Histoire de la SP, 3e partie.

 

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