Histoire de la SP        

 

L'histoire de la sclérose en plaques

On entend souvent dire que la sclérose en plaques est une maladie complexe. Nous arrivons aujourd’hui à en comprendre certains mécanismes d’action, mais nous ne savons pas encore ce qui cause la maladie. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous ne savons pas comment la guérir complètement. On entend aussi que les connaissances sur la maladie progressent rapidement et qu’un jour, nous découvrirons un remède pour guérir ou même prévenir la maladie. Pour l’instant, les traitements disponibles réduisent l’intensité et la fréquence des poussées de sclérose en plaques, et permettent de mieux contrôler ses symptômes. Cependant, il n’en fut pas toujours ainsi...

Pendant longtemps, les médecins ne savaient vraiment pas quoi faire pour aider les personnes aux prises avec la SP. Si l’on recule encore un peu plus dans l’histoire de l’humanité, on s’aperçoit que les médecins ne savaient même pas ce qu’était la sclérose en plaques! C’est seulement en 1868 que la maladie fut nommée et décrite pour la première fois par un médecin Français du nom de Jean-Martin Charcot. Qu’arrivait-il aux personnes qui développaient la sclérose en plaques avant que la maladie ne soit identifiée? Si l’on a réussi à expliquer cette maladie, c’est bien qu’elle était présente auparavant!

C’est ce que nous découvrirons dans cette série de 4 articles qui te fera explorer l’histoire de la sclérose en plaques. Nous débuterons par plonger dans l’histoire médicale et présenter une personne qui avait une maladie étrange que les médecins de l’époque n’arrivaient pas à comprendre. Par la suite, nous entrerons dans les classes du professeur Jean-Martin Charcot pour l’entendre présenter ses fameuses lectures, où il expliquera pour la première fois ce qu’est la SP. Nous poursuivrons avec les premières identifications de la maladie au Canada, pour terminer avec la création de la Société canadienne de la sclérose en plaques et son impact sur les personnes atteintes et sur la recherche. Voilà un programme bien chargé. Commençons donc par rencontrer Lidwina, une jeune fille de Hollande.

Née en 1380 à Schiedam, en Hollande, (aujourd’hui les Pays-Bas), Lidwina connut une enfance et une adolescence normales. À l’âge de 16 ans, elle développa une maladie sévère, dont elle récupéra lentement. Plus tard dans la saison, des amies qui croyaient qu’elle allait mieux l’amenèrent faire du patin sur le canal gelé. Elle tomba, se fractura des côtes et sa récupération fut très lente. Elle devait s’appuyer pour faire quelques pas et décrivait une douleur intense dans ses gencives droites. Par la suite, elle perdit la vision d’un œil et demeura alitée la plupart du temps.

Vers l’âge de 19 ans, sa condition s’améliora, mais la marche était toujours difficile. Elle reçut souvent la visite de son pasteur, qui lui disait que ses souffrances lui étaient imposées par Dieu. Il faut savoir qu’en ces temps de l’histoire, quand on n’arrivait pas à comprendre quelque chose, on disait souvent que c’était causé par Dieu, ou parfois même le diable!

Elle décida alors que sa souffrance servirait à expier les fautes de ses contemporains. Par son comportement pieux, elle attira l’attention de plusieurs médecins de l’époque, même celui du comte de Hollande, qui conclut que sa maladie était incurable et que c’était la volonté de Dieu (eh oui, c’était très populaire, comme explication!). Tout au long de sa vie, la maladie continua de progresser et elle éprouva différents symptômes, dont des douleurs et des faiblesses qui s’accentuèrent avec le temps, ponctuées de périodes de récupération occasionnelles. Ces récupérations ressemblent beaucoup aux rémissions que l’on observe entre les poussées de SP, de même que ses troubles de la vision ressemblent aussi à la névrite optique, très souvent observée en SP! Si on ajoute sa difficulté à marcher, on peut presque être certain qu’en fait, elle avait la SP. Elle mourut à 52 ans, après 37 ans de maladie, et reçut le titre de sainte Lidwina en 1890. Elle est désignée comme la patronne des patineurs artistiques.

À la lumière de l’histoire de sainte Lidwina, on peut avancer que la SP était sûrement présente bien avant qu’on puisse l’identifier et qu’on lui donne son nom. D’autre cas semblables existent dans les documents médicaux historiques, ce qui nous laisse croire que les médecins, même s’ils ne savaient pas ce que c’était précisément, tentaient tout de même tout ce qu’ils pouvaient pour aider ces personnes atteintes de maladies mystérieuses. C’est ainsi qu’avec les siècles, l’incompréhension fit place à des connaissances qui amenèrent un plus grand savoir médical, jusqu’à ce que le professeur Jean-Martin Charcot explique qu’il venait de découvrir une nouvelle maladie.

À suivre dans Histoire de la SP, 2e partie.

 

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