Tout sur la SP        

 

La quête des chercheurs en SP

De nombreux chercheurs poursuivent sans relâche leur quête de solutions pour stopper la SP. Ils ne laissent rien au hasard et suivent diverses pistes. Il existe maintenant dix traitements conçus pour ralentir l'évolution de la forme cyclique (poussées-rémissions) de la SP. Malheureusement, il n’y en a actuellement aucun pour les formes progressives de cette maladie.

On compte plus de 2,3 millions de cas de SP dans le monde, dont plus de la moitié sont des cas de SP progressive. La Société canadienne de la SP est membre de la Progressive MS Alliance. Il s'agit d’un regroupement international dont l’objectif est d’accélérer la recherche sur la SP progressive de même que la mise au point de traitements contre toutes les formes de SP progressive.

Dans un premier temps, le travail de l’alliance a consisté à réunir les plus grands experts de la SP du monde afin de mettre leurs connaissances en commun. Parmi
ceux-ci, on compte le Dr David Haegert, qui a mené une longue carrière en recherche sur le rôle du système immunitaire dans le contexte de la SP. Il travaille à Montréal et a été l’un des 22 chercheurs de neuf pays distincts à recevoir une bourse de l’alliance. Il constate que la SP progressive demeure un mystère. Presque tous les médicaments qui fonctionnent dans le traitement de la SP cyclique ne sont pas efficaces contre les formes progressives.
Ses travaux portent sur des biomarqueurs qui pourraient aider à prévoir la progression de la SP. Qu’est-ce qu’un biomarqueur? Ce mot est formé à partir de deux mots : « marqueur » et « biologique ». C’est quelque chose dans le corps, comme une cellule, une hormone ou un élément de l’ADN, qui peut donner des indications sur la progression future d’une maladie. Est-ce que la personne aura de nombreux symptômes? Est-ce qu’elle aura beaucoup de poussées?



Le Dr Haegert déclare que le plus grand obstacle est l’absence de biomarqueurs pour la SP progressive. Lorsqu’une personne vient d’apprendre qu’elle a la forme cyclique de la SP, nous aimerions savoir à l’avance si elle aura la forme progressive secondaire de la SP et de quelle façon
celle-ci évoluera. Les biomarqueurs joueraient le rôle d’une boule de cristal en quelque sorte. Des biomarqueurs sont déjà utilisés pour la forme cyclique de SP. L'outil de mesure le plus utile est l’imagerie par résonance magnétique. En effet, les images des lésions dues à la SP nous informent sur la maladie et son évolution. Ces informations sont extrêmement utiles lorsque vient le temps de choisir un traitement.

Tous les organismes membres de l’alliance souhaitent collecter des données solides, mais ils ont tous fait le même constat : il y a des obstacles à l’atteinte de cet objectif.

Par exemple, les chercheurs évaluent l’activité de la SP cyclique ‒ de même que l’efficacité des médicaments contre cette forme de SP ‒ en mesurant la fréquence des poussées et l’évolution des lésions. Malheureusement, ces indicateurs ne sont d’aucune utilité pour les formes de SP progressive, car celles-ci sont trop différentes de la SP cyclique. Une autre difficulté est que l’évolution de ces dernières est assez lente dans la plupart des cas. Il faudrait donc que les études qui y sont consacrées durent plus de deux ou trois ans pour permettre d’observer les effets des traitements sur le cours de la maladie.

La Société canadienne de la SP a fait de la recherche sur la SP progressive une priorité. En 2014, elle a accordé 17 subventions à des projets sur quatre grands axes de recherche en lien avec la SP progressive : 1) causes et mécanismes, 2) réparation et protection de la myéline, 3) traitements et 4) imagerie.

Cette année, la Société de la SP a annoncé qu'elle financerait un essai clinique sur les cellules souches. Cette étude a été baptisée MESCAMS et elle porte sur les cellules souches mésenchymateuses. Ces cellules peuvent donner naissance à des cellules spécialisées. Elles sont très intéressantes, car on peut les faire se multiplier en laboratoire. Lors d’études menées sur des animaux, on a vu qu'elles étaient capables d’aider à réparer les lésions présentes sur la gaine de myéline. De plus, on les étudie aussi pour le traitement d’autres maladies que la SP. L’étude MESCAMS fait partie d’un programme de recherche entrepris dans neuf pays sur ce même type de cellules souches. Ses auteurs ont pour but d’évaluer l’efficacité de ce traitement et de voir si celui-ci est sécuritaire. L’étude canadienne est dirigée par le Dr Mark S. Freedman (Ottawa) et le Dr James J. Marriott (Winnipeg). Elle regroupera 40 participants à qui l’on prélèvera des cellules souches pour ensuite les réintroduire dans leur corps. Pour y participer, il faudra avoir une forme cyclique ou progressive de SP.


La recherche sur les cellules souches est importante, car elle peut déboucher sur des moyens de réparer les lésions dues à la SP et de protéger la myéline. Ce champ de recherche pourrait donc mener à la découverte de nouveaux traitements contre les diverses formes de SP.

Le schéma suivant présente les différents types de cellules souches et les étapes de leur développement.

Grâce à des investissements majeurs et au travail considérable de scientifiques parmi les meilleurs du monde, nous devrions avoir de bonnes nouvelles au sujet de la SP dans les prochaines années.

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