Tout sur la SP       

Des nouvelles sur la recherche

À la fin du mois d’octobre dernier se tenait à Amsterdam, aux Pays-Bas, le plus grand congrès de l’année sur la recherche dans le domaine de la SP. Plus de 7 000 spécialistes de la sclérose en plaques s’y sont rencontrés pour présenter leurs découvertes et échanger sur les nouvelles données scientifiques. Il y a eu plus de 1 100 présentations sur plusieurs sujets : nouveaux traitements, facteurs de risque d’avoir la SP, mécanismes de la maladie, réadaptation, IVCC, etc.

Nouveaux médicaments

On y a présenté les résultats de la dernière phase d’étude de quatre médicaments qui pourraient être approuvés dès l’année prochaine ou un peu plus tard. C’est une autre preuve que la recherche sur la SP s’accélère et qu’on avance vers des solutions plus efficaces pour traiter la SP. C’est positif, car plus le neurologue a d’options de traitements, mieux il peut faire son travail.

Le médicament alemtuzumab a été comparé à l’interféron bêta-1a (Rebif). Les résultats de l’étude démontrent que les personnes ayant reçu l’alemtuzumab ont eu moins de poussées que celles qui ont pris le Rebif, mais que près de

20 % ont eu des troubles thyroïdiens comme effet secondaire. Bien que ce médicament permette de réduire de beaucoup le nombre de poussées et de lésions visibles à l’IRM, il n’empêche pas l’accumulation des incapacités, pas plus qu’un médicament qui est déjà utilisé depuis plusieurs années. La compagnie qui fabrique l’alemtuzumab prévoit déposer une demande d’approbation aux États-Unis dès le début de 2012.

Dans la dernière phase d’une étude sur le laquinimod, on a comparé ce médicament à un placebo (médicament inactif). Les résultats démontrent une efficacité modérée du laquinimod à réduire les poussées (environ 21 % comparativement au placebo). Cependant, il semble réduire l’accumulation des incapacités. Il y a eu peu d’effets secondaires graves, ce qui laisse penser que ce médicament est sûr.

On a aussi présenté deux études de phase 3 du médicament BG-12. Dans les deux études, on a constaté une réduction du nombre de poussées, de lésions et d’incapacités chez le groupe qui prenait le BG-12 comparativement au groupe contrôle, qui recevait un placebo. Il y a eu peu d’effets secondaires graves, et la compagnie qui fabrique le BG-12 espère présenter sa demande d’approbation le plus rapidement possible.

Une autre étude a permis de démontrer que le tériflunomide (ou Aubagio, qui est le nom proposé si ce médicament est approuvé) ralentit l’activité de la SP en réduisant le nombre de poussées comparativement à un placebo. Certaines personnes qui ont participé aux premières phases d’étude du médicament le prennent maintenant depuis 9 ans et semblent bien le tolérer. La demande d’approbation a déjà été déposée aux États-Unis.

Deux hypothèses étonnantes!

Une nouvelle hypothèse, cette fois sur l’hygiène, provient de l’observation que la SP est plus présente dans les pays développés comme le Canada, l’Angleterre ou les États-Unis, où les standards de propreté et d’hygiène sont plus élevés, que dans les pays moins développés. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que l’environnement de ces pays « trop propres » ne stimule pas suffisamment le système immunitaire de certains de ses habitants. Le système immunitaire n’étant pas stimulé convenablement, il se tourne alors contre son propre organisme! Pour le moment, ce n’est qu’une autre piste de recherche, et on sait qu’il y en a encore de nombreuses autres à explorer!

Le Dr Jorge Correale, qui pratique en Argentine, a quant à lui eu l’idée de faire une étude étonnante qui a donné des résultats tout aussi étonnants. Il a recruté 24 personnes atteintes de SP, dont 12 avaient été infectées par différents parasites intestinaux après avoir reçu leur diagnostic de SP. Le Dr Correale a suivi ces 24 personnes (12 infectées par des parasites intestinaux et 12 non infectées) pendant 5 ans et il a relevé le nombre de poussées de SP des deux groupes. Les patients infectés par les parasites intestinaux ont présenté 19 fois moins de poussées!

Bien que l’on ne puisse pas tirer de conclusions définitives de cette étude, car le nombre de personnes qui y ont participé est très restreint, celle-ci sera reprise à plus grande échelle par l’équipe du Dr Flemming, au Wisconsin, aux États-Unis.

Imagerie par résonance magnétique (IRM)


Ce congrès est une occasion unique pour les professionnels de la santé qui travaillent dans le domaine de la SP de maintenir leurs connaissances à jour et d’apprendre de leurs collègues. Lors du dernier congrès, il y a aussi eu une conférence sur l’imagerie par résonance magnétique. Celle-ci est de première importance lorsqu’il est question de SP, car elle facilite non seulement le diagnostic de la SP, mais également le suivi de son évolution. On l’utilise souvent aussi dans les études qui ont pour but de mesurer l’efficacité des traitements. Grâce à l’IRM et aux critères diagnostiques de la SP, qui sont de plus en plus efficaces et précis, on peut poser un diagnostic de SP et traiter cette maladie plus rapidement qu’avant, ce qui peut vraiment avoir un impact positif.

Résultats non significatifs

Des chercheurs de la Norvège ont recruté 92 personnes ayant la forme cyclique de SP. Les participants ont pris chaque jour soit des suppléments d’acide gras omega-3, soit un placebo composé d’huile de maïs. L’étude de 6 mois n’a pas permis de démontrer de bienfaits sur le nombre de poussées, la fatigue ou la qualité de vie.

La suite


À ce congrès, on a également beaucoup abordé la question des déclencheurs de la SP. On comprend de mieux en mieux les facteurs de risque et les facteurs qui pourraient réduire les risques d’avoir la SP. On espère en apprendre davantage à ce sujet lors du prochain congrès!

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